Le rugby à sept français est à un moment charnière. Alors qu’il y a un an encore, le rugby à sept de haut niveau se limitait à une équipe de France professionnelle composée de quelques joueurs sous contrat et de joueurs à fort potentiel sélectionnés pour quelques tournois dans l’année ainsi que d’un circuit élite amateur masculin et féminin organisé par le fédération, il a connu une évolution récente des plus riches. La faute à qui ? L’In Extenso Supersevens bien sûr.

Historiquement, depuis son entrée aux Jeux Olympiques au début des années 2010, l’équipe de France a été la seule équipe de rugby à sept de l’hexagone à aligner des joueurs professionnels tout au long de l’année. En 2020 toutefois, la Ligue Nationale de Rugby, organisatrice des championnats professionnels de TOP 14 et de PRO D2 a créé une nouvelle compétition : le Supersevens.

Le Supersevens regroupe 16 équipes professionnelles de rugby à sept : une associée à chaque club du TOP 14, Monaco et l’équipe sur invitation des Barbarians, principalement composée de joueurs amateurs performants sur le circuit élite. Cette compétition a poussé les grands clubs de rugby à XV français à créer des équipes de rugby à sept spécifiquement pour l’événement. Si la question de savoir s’il s’agissait de la meilleure manière de développer le sevens dans l’hexagone peut diviser, il n’empêche que de plus en plus de clubs se sont mis à développer des projets de rugby à sept sur l’année et avec des objectifs allant bien au-delà de la simple performance sur le Supersevens.

Certains clubs, à l’image de la Section Paloise, ont vu le rugby à sept comme un excellent moyen de développer leurs joueurs et de parfaire leur formation en vue de les faire évoluer à un meilleur niveau à XV. La Section aligne ainsi régulièrement de jeunes joueurs prometteurs sur le Supersevens pour les faire évoluer et se confronter au haut niveau mais utilise aussi le rugby à sept comme un outil de préparation physique de pré-saison par exemple. Le projet est complètement intégré au parcours de formation des jeunes palois qui ont décroché leur deuxième titre de vice-champion le weekend dernier en 3 éditions du Supersevens seulement.

En faire un outil de formation, c’est aussi l’un des combats menés par Paul Albaladéjo via le projet clermontois de l’ASM Sevens. En Auvergne, le sevens est utilisé dans la formation des asémistes de la catégorie moins de 14 aux professionnels. Mais le projet est plus grand que la simple formation. L’objectif de l’équipe à 7 de Clermont est aussi d’élargir les horizons de la marque, en se rendant sur des tournois prestigieux comme le Dubaï Sevens pour aller confronter ses joueurs au plus haut niveau mais aussi potentiellement repérer des futurs joueurs pour l’effectif clermontois. Cet horizon, il commence d’ailleurs par l’Auvergne en tissant de nombreux liens avec les clubs alentours (Nevers a participé au premier fast four organisé par l’ASM Sevens).

Le projet de l’UBB 7s a lui aussi fait le pari du local. Chaque semaine, des joueurs identifiés dans les clubs de la région pour composer l’équipe de rugby à sept du club bordelais sont invités à venir s’entraîner dans les locaux de l’équipe professionnelle. Composée exclusivement de joueurs amateurs, l’équipe dispute des tournois tout au long de l’année et offre de la visibilité à l’UBB à travers l’Europe, où elle a été sacrée championne l’été dernier, mais aussi dans certains tournois à travers le monde. En remportant le circuit élite développement, l’UBB 7s s’est qualifiée pour le circuit élite français où se rencontrent les meilleurs jeunes joueurs amateurs et notamment ceux qui se spécialisent à sept, c’est un avantage sur les autres équipes des clubs professionnels pour préparer le Supersevens en se confrontant à la crème du 7 français. Le sevens devient ainsi un prétexte pour organiser des détections, des actions sociales et asseoir sa position d’acteur local clé.

Enfin, il ne serait pas possible de terminer notre tour des initiatives sans parler du projet du Monaco 7s qui lui a permis de glaner son premier titre de champion samedi dernier à la Paris La Défense Arena. Voilà l’exemple d’un club dédié uniquement au rugby à sept et qui ne soit pas rattaché à une équipe professionnelle à XV. Leur choix ? Recruter de nombreuses stars du rugby à sept pour mettre ce sport en lumière au sein de la principauté en vue d’un projet olympique de long terme. Ces feuilles de matchs all stars s’accompagnent d’un travail de profondeur de Jérémy Aicardi avec les jeunes rugbymen monégasques pour les sensibiliser et les former à la pratique du 7 dès l’école de rugby.

Les projets ne cessent de naître autour du rugby à sept alors que de nombreux clubs réfléchissent aussi à monter leur propre équipe à l’année. Seulement, force est de constater qu’il y a autant de projets que d’approches et d’objectifs différents. Le 7 démontre ainsi toute sa force : tantôt un outil de formation, il devient un moyen de faire rayonner une marque ou de recruter alors qu’il peut aussi s’agir d’un moyen de remettre des joueurs en forme de manière plus ludique qu’avec un bronco bien fade.

L’important pour les clubs qui réfléchissent à se lancer est de faire un travail clé en amont : identifier ses besoins et les réponses que le rugby à sept peut apporter. Savoir pourquoi se lancer dans le rugby à sept permettra de répondre à comment s’y lancer. Là où certains voient dans le rugby à sept des coûts évitables, d’autres y voient un investissement : dans des joueurs, dans de nouvelles méthodes d’entraînement et de préparation physique ou encore dans le déploiement d’outils novateurs. Le rugby à sept est un sport spectaculaire avec une image différente offrant à ceux qui s’y associent une véritable valeur ajoutée. Intermarché, Ceva, In Extenso, Cap Ingelec ou Capgemini sont autant de marques à l’avoir compris, le 7 peut leur donner une véritable visibilité, bien différente de celle du XV : une image jeune, dynamique, moderne et d’avenir, qui plus est à moindre coût. Et ceux qui voudront en profiter devront aussi apprendre à donner à leur équipe à 7 ces valeurs et cette image. Cela nécessite un travail de structuration réfléchi et anticipé.

La question à laquelle se confrontent les clubs est bien souvent de savoir comment générer de la valeur à partir de ces équipes à sept : celle-ci réside dans le contenu, l’expérience partenaire et l’innovation. Le Racing 92, qui n’a pas de structure spécifique à sept, profite par exemple du Supersevens pour travailler sur une image différente du club. Cette saison, le thème de la communication a été autour du jeu vidéo après avoir exploré celui du cartoon en 2020.

Alors qu’approchent les Jeux olympiques de Paris, que le Supersevens prend chaque année un peu plus d’ampleur et que les champions olympiques de rugby à sept ne cessent d’inonder le marché des joueurs de TOP 14, tout laisse à penser que le sevens est promis à un bel avenir, en France comme à l’étranger. Certains pays comme les États-Unis en ont fait une priorité face au XV, laissant penser à une véritable évolution de sa valeur commerciale dans les années à venir. Les clubs vont devoir se positionner sur le segment tôt ou tard, reste à savoir comment générer le plus de valeur possible. Chez Six Sports Management, nous sommes au soutien pour les accompagner dans la création d’un projet sevens pertinent par rapport à leurs objectifs.

Six Sports Management est un cabinet de conseil qui accompagne les clubs sportifs professionnels dans leur structuration. Avec une approche exhaustive du rugby à sept, il accompagne les clubs qui souhaitent développer une structure à 7 adaptée à leurs besoins et leurs ressources disponibles pour y trouver un outil de différenciation.